Certaines personnes touchées par une maladie ou un handicap refusent d’admettre qu’elles en sont atteintes. Ce phénomène a un nom : l’anosognosie. Il bouleverse la manière dont une personne perçoit son état de santé et complique souvent la prise en charge.
La suite va vous éclairer.
Comprendre simplement ce qu’est l’anosognosie
L’anosognosie correspond à une absence de conscience d’un trouble ou d’un déficit chez une personne pourtant bien atteinte. Contrairement à d’autres situations où l’on reconnaît ses difficultés, l’individu anosognosique nie totalement la présence du problème.
Ce manque de conscience peut perturber profondément la vie quotidienne et les relations sociales, car la personne n’adapte pas son comportement à ses difficultés.
Comment l’anosognosie se manifeste-t-elle au quotidien ?
Chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’anosognosie peut se traduire par le refus de reconnaître les pertes de mémoire ou les erreurs de jugement. Cela complique les soins et les décisions du quotidien.
Après un AVC, un patient peut ignorer qu’il souffre d’un déficit moteur et tenter de marcher normalement, au risque de chuter. Cette absence de conscience peut entraîner des comportements à risque et une mise en danger involontaire.
Pour aider un proche atteint d’anosognosie voyez mon article sur comment aider un proche atteint d’anosognosie
Quelles sont les causes neurologiques de l’anosognosie ?
L’anosognosie est souvent liée à des lésions cérébrales dans les zones qui participent à la perception de soi. Cela peut survenir dans plusieurs contextes :
- suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC)
- démences comme la maladie d’Alzheimer
- traumatismes crâniens graves
Évaluer cette perte de conscience reste complexe. Les professionnels doivent combiner des tests cognitifs, des observations cliniques et des échanges avec l’entourage pour établir un diagnostic précis.
L’impact de l’anosognosie sur la vie sociale et familiale
Ne pas avoir conscience de sa maladie ne perturbe pas seulement la santé : cela fragilise aussi les liens avec les proches.
Une personne anosognosique peut s’engager dans des activités qu’elle n’est plus en mesure de réaliser, ce qui crée de la tension et de la frustration pour son entourage. Le quotidien devient alors un défi partagé.
Les risques pour la sécurité
Certaines situations deviennent dangereuses. Conduire une voiture malgré des troubles cognitifs, refuser les traitements prescrits ou négliger des règles de sécurité domestique sont des comportements fréquents chez les personnes anosognosiques.
Ces risques exigent une vigilance constante de la part des proches et des soignants.
Les relations mises à l’épreuve
Les proches peuvent ressentir de l’incompréhension et de l’impuissance. Le patient semble refuser la réalité, alors qu’il n’en a tout simplement pas conscience. La communication doit donc rester bienveillante : expliquer sans confronter, encourager sans culpabiliser.
Quelles stratégies pour accompagner une personne anosognosique ?
Le défi consiste à protéger la personne tout en respectant son autonomie. Plusieurs approches complémentaires peuvent aider :
- interventions cognitives pour améliorer la conscience des troubles
- thérapies comportementales pour adapter les routines quotidiennes
- soutien psychologique pour le patient et les proches
Ces stratégies visent à réduire les risques tout en préservant la qualité de vie.
Les outils technologiques au service du quotidien
Des rappels automatiques, des applications de suivi ou des dispositifs médicaux connectés peuvent aider les patients à rester organisés et sécurisés. Ces outils permettent aussi aux proches de suivre à distance certains aspects de la vie quotidienne.
Le rôle crucial du soutien social
L’entourage est un pilier. Des groupes de parole et ateliers pour aidants offrent un espace d’échange, d’écoute et de conseils pratiques. Être soutenu aide les proches à rester patients, empathiques et efficaces dans leur accompagnement.
Pourquoi mieux comprendre l’anosognosie est essentiel
L’anosognosie met en lumière la complexité de notre conscience de nous-mêmes. Elle nous rappelle qu’il est possible d’être malade sans le savoir, et qu’une approche basée sur l’empathie et le respect de la dignité est indispensable.
Professionnels, proches ou simples lecteurs : mieux connaître ce phénomène est un premier pas pour bâtir un environnement plus sûr, plus inclusif et plus humain.
FAQ
Anosognosie ou déni psychologique : quelle différence ?
L’anosognosie est une absence de conscience du trouble causée par des lésions cérébrales. Le déni psychologique est un mécanisme de défense : la personne pourrait reconnaître le problème mais le rejette pour se protéger. Les prises en charge diffèrent selon la cause.
L’anosognosie peut-elle fluctuer au cours de la journée ?
Oui. L’état de conscience du trouble peut varier selon la fatigue, le stress ou le contexte. Une personne peut reconnaître ses difficultés dans un moment calme et les nier quelques heures plus tard dans une situation plus stimulante.
Comment les professionnels évaluent-ils l’anosognosie sans braquer la personne ?
Ils combinent des observations cliniques, des mises en situation, des entretiens avec le patient et son entourage, et des tests cognitifs. L’objectif est de relever les écarts de perception sans confrontation directe, afin d’orienter la prise en charge.
Existe-t-il un traitement spécifique de l’anosognosie ?
Il n’existe pas de médicament ciblant directement l’anosognosie. La prise en charge repose sur la rééducation cognitive, l’adaptation de l’environnement et le traitement de la maladie sous-jacente.
Conduite automobile et anosognosie : que faire concrètement ?
La conduite peut devenir dangereuse si la personne n’a plus conscience de ses limites. Le médecin traitant doit être informé : il pourra évaluer les aptitudes et, si nécessaire, orienter vers une expertise spécialisée.
Comment préparer un rendez-vous médical quand on suspecte une anosognosie ?
Notez à l’avance des exemples concrets (refus de soins, oublis répétés, prises de risque) et apportez-les en consultation. Venez à deux si possible, pour croiser les observations tout en évitant de mettre la personne en difficulté.
L’anosognosie se présente-t-elle différemment selon la maladie en cause ?
Oui. Après un AVC, elle concerne souvent les déficits moteurs ou spatiaux ; dans Alzheimer, elle touche la mémoire et le jugement ; dans certains troubles psychiatriques, elle porte sur l’adhésion aux soins. Le contenu de la méconnaissance varie selon la pathologie.
Quels signaux d’alerte précoces pour les proches ?
La minimisation constante des difficultés, des explications incohérentes d’erreurs répétées, le refus d’aides utiles et une forte discordance entre le ressenti de la personne et les observations de l’entourage peuvent alerter.
L’anosognosie peut-elle s’améliorer avec le temps ?
Cela dépend de la cause. Après certaines lésions cérébrales, une amélioration partielle est possible avec la rééducation. Dans les maladies neurodégénératives, elle a tendance à fluctuer puis à s’aggraver.
Quelles démarches juridiques envisager en cas de mise en danger répétée ?
Le médecin peut proposer une mesure de protection (curatelle, tutelle) lorsque la sécurité de la personne est menacée. Ces démarches se font au cas par cas, après une évaluation médicale et sociale.
Comment documenter la situation sans stigmatiser la personne ?
Notez des faits précis, datés et neutres plutôt que des jugements (« a oublié de prendre son traitement trois fois cette semaine » plutôt que « ne veut jamais coopérer »). Cela aide les professionnels à comprendre la situation.
Quelles ressources peuvent soutenir les aidants au quotidien ?
Des associations d’aidants, des structures locales, des groupes de parole et des services de répit existent dans de nombreuses régions. Ces dispositifs permettent de partager les difficultés et de recevoir des conseils pratiques.

