Vivre avec un proche qui refuse de reconnaître ses troubles peut être déstabilisant. Ce déni, appelé anosognosie lorsqu’il est lié à une atteinte neurologique, complique la communication et la prise en charge.
C’est justement ce que nous allons explorer ensemble.
Comprendre que ce déni n’est pas volontaire
Lorsqu’une personne nie ses troubles, il ne s’agit pas d’un choix ni d’un refus de coopérer. C’est un symptôme fréquent de certaines maladies neurologiques, comme les démences, les suites d’un AVC ou les traumatismes crâniens.
Accepter que votre proche n’a pas conscience de ses difficultés permet de réduire les tensions et d’aborder la relation avec plus de calme.
D’ailleurs, consultez ici notre article sur l’anosognosie pour mieux comprendre ce phénomène.
Trouver les bons mots pour préserver le lien
Chercher à convaincre frontalement votre proche qu’il est malade risque d’aboutir à un blocage.
Préférez des phrases concrètes et bienveillantes, centrées sur le présent et non sur la maladie :
« Tu sembles fatigué aujourd’hui » est souvent mieux accepté que « Tu ne vois pas que tu es malade ».
Votre ton, votre patience et votre empathie comptent autant que vos mots.
Maintenir son autonomie tout en assurant sa sécurité
L’objectif est de protéger sans infantiliser. Pour cela, vous pouvez :
- instaurer des routines claires et rassurantes
- utiliser des rappels visuels ou sonores (post-it, alarmes, applications)
- surveiller discrètement les activités à risque (médicaments, déplacements)
Ces petites mesures permettent d’éviter les accidents tout en respectant sa dignité.
Prendre soin de vous pour mieux l’aider
Accompagner un proche qui nie sa maladie peut être épuisant émotionnellement. Il est essentiel de préserver votre propre équilibre.
Les groupes de parole, les associations d’aidants ou un suivi psychologique peuvent vous offrir écoute, soutien et conseils pratiques. Se sentir épaulé rend le quotidien plus léger et plus gérable.
Quand demander un soutien médical renforcé
Si le déni entraîne des comportements dangereux (refus de traitement, conduite, isolement sévère), il est recommandé de consulter un médecin, un neurologue ou un psychiatre.
Ces professionnels peuvent proposer un suivi adapté, voire une protection temporaire, afin de garantir la sécurité et le bien-être de votre proche.
📌 FAQ
Puis-je parler de l’anosognosie directement à mon proche ?
Oui, mais seulement si cela ne provoque pas de conflit ou d’angoisse. Utilisez des mots simples et restez factuel ; l’objectif est de l’informer sans le braquer ni le confronter brutalement à ses troubles.
Faut-il dire aux autres membres de la famille qu’il est anosognosique ?
Oui, il est utile que tous comprennent le fonctionnement du trouble pour éviter les malentendus et les tensions. Informer l’entourage aide à adopter une attitude cohérente et bienveillante.
Comment gérer les refus d’aide extérieure de la part de mon proche ?
Commencez par proposer une aide ponctuelle et concrète (ex : aide-ménagère une fois par semaine). Présentez-la comme un soutien pour vous plutôt qu’une surveillance pour lui : cela réduit les résistances.
Comment éviter que les autres pensent qu’il “fait semblant” ?
Expliquez que l’anosognosie est un symptôme neurologique, pas un choix volontaire. Fournir des documents médicaux simples ou inviter les proches à une consultation peut lever les malentendus.
Est-ce utile de tenir un journal des difficultés rencontrées ?
Oui. Cela permet d’objectiver les changements dans le temps et de préparer les rendez-vous médicaux. Cela aide aussi à prendre du recul émotionnellement et à mieux mesurer vos efforts.
Puis-je demander un répit temporaire si je suis épuisé ?
Oui. Des structures de répit, de l’accueil de jour ou des hébergements temporaires existent pour soulager les aidants. Renseignez-vous auprès de votre médecin traitant ou de votre mairie.

