Le pacemaker est un dispositif essentiel pour des millions de patients dans le monde. Il aide le cœur à battre régulièrement et à maintenir un rythme vital stable. Mais une question inquiète parfois les porteurs : que se passe-t-il si le pacemaker s’arrête ?
C’est une situation rare, mais qu’il est important de comprendre pour savoir comment réagir.
Le rôle vital du pacemaker
Le pacemaker (ou stimulateur cardiaque) est conçu pour corriger les troubles du rythme cardiaque. Grâce à des impulsions électriques, il aide le cœur à battre quand celui-ci devient trop lent ou irrégulier.
L’appareil agit comme une “assurance rythme” : il ne remplace pas le cœur, mais il s’assure que ce dernier garde un tempo constant.
Chaque pacemaker contient une pile interne et un microprocesseur qui contrôle les signaux électriques transmis par des électrodes reliées au muscle cardiaque. Tant que tout fonctionne correctement, l’appareil veille silencieusement à chaque battement.
Pourquoi un pacemaker peut-il s’arrêter ?
La panne totale d’un pacemaker est rare, mais plusieurs causes peuvent l’expliquer :
- Usure de la pile : la plus fréquente. Avec le temps (souvent 7 à 12 ans), la pile s’épuise. Les contrôles médicaux réguliers permettent d’anticiper ce remplacement avant toute interruption.
- Dysfonctionnement technique : défaillance électronique, corrosion ou problème de connexion interne. Ces cas sont exceptionnels grâce aux contrôles de qualité stricts.
- Déplacement ou rupture d’une électrode : l’électrode peut se détacher ou se déplacer, perturbant la stimulation cardiaque.
- Interférences externes : champs magnétiques puissants ou appareils médicaux mal adaptés peuvent altérer temporairement le fonctionnement.
Ces situations restent exceptionnelles et sont presque toujours détectées avant de devenir graves, grâce à la surveillance médicale programmée.
Comment savoir si le pacemaker ne fonctionne plus ?
Certains pacemakers émettent une alerte sonore ou vibrante quand un problème est détecté, mais le plus souvent, c’est le corps qui envoie les premiers signaux.
Les symptômes qui doivent alerter sont :
- Étourdissements ou vertiges soudains
- Palpitations inhabituelles
- Essoufflement ou fatigue importante
- Malaise ou perte de connaissance
- Sensation d’arrêt ou de battements irréguliers
En cas d’apparition de ces signes, il faut contacter immédiatement son cardiologue ou le service d’implantation. Et si le malaise est grave, appelez sans attendre les urgences médicales.
Que se passe-t-il concrètement si le pacemaker s’arrête ?
Tout dépend de la raison de l’implantation et du rôle du pacemaker pour le cœur du patient.
Chez certains, le cœur a conservé une activité naturelle suffisante pour battre seul, même en cas de panne temporaire.
Chez d’autres, notamment ceux dont le rythme dépend entièrement du stimulateur, l’arrêt du pacemaker peut entraîner une bradycardie sévère (cœur trop lent), une perte de conscience, voire un arrêt cardiaque si aucune impulsion n’est transmise.
Heureusement, ces situations sont prévisibles et évitables grâce aux contrôles de suivi. Les cardiologues surveillent la tension de la pile, le bon positionnement des électrodes et les données transmises par l’appareil.
D’ailleurs, consultez ici notre article sur le sujet “Peut-on mourir avec un pacemaker”.
Que faire en cas de suspicion de panne ?
La première chose à faire est de rester calme. Le pacemaker n’arrête pas de fonctionner brutalement sans signes avant-coureurs.
Contactez rapidement votre cardiologue ou le centre de rythmologie qui a posé l’appareil. Une simple vérification par télésurveillance ou un contrôle en consultation permet de déterminer l’origine du problème.
En cas de perte de connaissance ou de malaise majeur, appelez immédiatement les urgences (15 ou 112). N’essayez jamais de manipuler ou d’appuyer sur la zone du boîtier.
Prévenir l’arrêt du pacemaker : le rôle du suivi médical
Chaque pacemaker est programmé pour envoyer des signaux de contrôle à distance ou être vérifié en consultation.
Ces suivis réguliers permettent de :
- Mesurer la tension de la pile
- Vérifier la transmission des signaux électriques
- Détecter toute anomalie avant qu’elle ne pose problème
- Planifier le remplacement du boîtier avant l’usure totale
Ce suivi est souvent annuel ou semestriel, et peut être renforcé chez les patients à risque ou âgés.
Peut-on éviter toute panne ?
Aucune technologie n’est infaillible, mais les pacemakers modernes offrent un taux de fiabilité supérieur à 99 %.
Pour réduire encore les risques :
- Suivez les rendez-vous médicaux programmés
- Informez vos soignants avant tout examen médical ou chirurgie
- Évitez les champs magnétiques puissants (IRM non compatibles, soudeuses industrielles, etc.)
- Signalez immédiatement tout symptôme inhabituel
Une bonne hygiène de vie et une surveillance régulière sont les meilleures garanties pour éviter les complications.
En conclusion : un contrôle régulier vaut toutes les assurances
Le pacemaker reste un allié sûr et performant. Même s’il peut théoriquement s’arrêter, les systèmes actuels permettent de prévoir et prévenir ces incidents avant qu’ils ne deviennent dangereux.
En respectant votre calendrier de suivi et en restant attentif aux signaux de votre corps, vous pouvez vivre sereinement avec votre appareil.
Votre pacemaker veille sur votre cœur — à vous de veiller sur lui.

